15 juin 2009

Mère-fille

Les lionnes indomptables. Électrisant, grisant, déconcertant, stupéfiant, frustrant, déchirant, amoureux, douloureux, fusionnelles, rivales. Aucun adjectif ne saurait se suffire à lui seul pour définir la nature complexe de ce lien ancré avant même la conception de celle qui lui donnera (et affirmera) une nouvelle identité : mère, fille.

Petites, les filles sont déjà consciemment ou pas, éduquées à devenir mère. L'objet vedette du «délit», la poupée. Poupées de porcelaine aux allures de femmes raffinées, précieuses et fragiles, poupées barbie, LES bombes (extra)atomiques parfaitement multitâches ou encore, les poupées bébés dont les attitudes de plus en plus réalistes, en viennent parfois à perturber la réalité. Mais sur ce point, les mœurs au fil des années semblent s'être bien gardées d'en inhiber le conditionnement final du dévouement de la future mère. Est-ce parce que l'avenir de l'Homme en dépend et que les tentations grandissantes des sociétés occidentalisées qui prônent l'indépendance des femmes à tout point de vue et surtout à l'égal de l'homme, met en péril (à terme) la procréation, l'évolution et donc la survie de l'humanité ?

L'homme, le voilà bon gré mal gré au cœur même de la polémique mère-fille. Accepté ou rejeté, présent ou absent, il est, au-delà de la semence originelle, omniprésent dans ce nid d'abeilles émotionnel que mère et fille entretienne pour relation. Tentant sans cesse d'équilibrer l'éternel instabilité de ce couple et sans jamais se sentir en pleine possession des outils d'un tel chef-d'œuvre, il a pourtant un rôle clé à jouer. Amener la fille à se construire en tant que femme à part entière, en coupant le cordon ombilical exagérément affectif qui la relie à sa mère et accompagner cette dernière dans l'acceptation de sa maturité et de son âge avançant, loin du reflet d'une jeunesse déchue que lui renvoie perpétuellement sa fille. Qui l'aurait cru, qu'être père engagerait plus que la responsabilité de la plantation du spermatozoïde fécond ?
Par lui aussi arrivent les divergences d'opinion conscientes ou inconscientes qui malmènent mère et fille dans l'acquisition de l'amour du mâle «dominant». Le complexe d'Œdipe.

Alfred Capus citait «Dans le théâtre, il y a beaucoup de filles qui deviennent mère, mais il y a encore plus de mères qui deviennent des filles».
Comment trouver sa place dans une telle ambiguïté, quand tu penses que je veux te la voler ? Cette question tant valable pour la mère que la fille, fascinent les médias pour le plus grand bonheur des psy qui voient leur carnet de rendez-vous de plus en plus se noircir. Vous avez peut-être remarqué les campagnes publicitaires de cette ligne de prêt-à-porter féminin, Comptoirs des Cotonniers, qui met en scène mère et fille, en leur faisant partager le même style de vêtement et les positionnant sur un créneau sensiblement similaire : femme jeune (mère) et jeune femme (fille). Une même mode... pour un même mode de vie aux repères faussés ? Le parallèle est un peu rapide me rétorqueront certains, mais à tort ou à raison, l'équivoque reste de mise. Et quand ça tourne mal, on se construit dans la haine de ce que représente l'autre, un éventuel avenir proche ponctué de négatives réflexions du genre «tu es bien comme ta mère» ou l'indignation de la rébellion de son œuvre «c'est bien ta fille».

Il devient alors primordial de trouver sa place, son identité féminine, loin du calque plus mature de sa mère. S'éloigner, un peu plus, toujours plus, accepter d'aller au conflit pour affirmer sa différence, son identité. Comme beaucoup d'entre vous, je me suis déjà demandée quelle genre de mère serais-je. La réponse la plus courante et la moins réfléchie a été de me répliquer que je serais certainement comme ma mère, dans la mesure où nous reproduisons toujours les mêmes schémas familiaux. Loin de moi l'idée de blâmer ma mère de quelque façon, mais je me refuse à la pensée même de me satisfaire de ce genre de supposition. Simplement parce que nous n'avons pas la même vie que nos parents et que de ce fait, nous nous nourrissons de choses et d'autres qui forment nos principes et alimentent les bases de l'éducation que nous voudrons transmettre par la suite. J'espère néanmoins faire aussi bien (ou mieux) que ma mère, mais dans un style différent.
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4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je vois que tu as retrouvé ta muse... je resterai sobre et te dirai simplement "Go on"! A bientôt

J

la cerise électrique a dit…

Enfin tu oses... ;o)
C cool d'avoir pris le temps de laisser un commentaire. Maintenant que le premier pas est engagé j'attends ton prochain passage ?!
(Après tout, on a tous une première fois...) "No shame on you this time" :o)

Anonyme a dit…

So...let's speak in English...

What do you exactly mean by "no shame on you this time"...sorry but I do not get it!

What have you been doing for so long?

J

la cerise électrique a dit…

You want to speak in english, that's fine for me.
So, "no shame on you this time" (only for your comment), because I'm still waiting for the call you promise me to give in order schedule a drink together... Do you remember ?
Guys are all the same, SHAME ON YOU !!! lol

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